GOD SAVE MY SHOES, LE DOCUMENTAIRE

par Shoes a Look
Film documentaire God Save My Shoes

Hello les Girlz !

Je me suis longuement demandé quel serait le premier article du blog. À vrai dire, je voulais qu’il introduise de manière générale ma thématique. L’idée était donc d’aborder les différents concepts autour des chaussures et d’évoquer le pouvoir du style et de l’imagination. Mais je ne savais pas trop comment m’y prendre, ni par où commencer. Entre temps j’ai regardé le film documentaire God Save My Shoes de Julie Benasra, sorti en 2011 sur les Shoes Addict. Et là, bingo !

J’ai beaucoup apprécié le contenu de God Save My Shoes car j’ai appris beaucoup de choses. En revanche, je l’ai trouvé un peu fouillis. C’est pourquoi j’ai choisi de le retranscrire en structurant un maximum ses différentes parties et ses précieuses informations. Je vous ai mis le lien YouTube (version française) en fin d’article si l’envie vous dit de le regarder. Je vous préviens d’avance, l’article est un peu long.

Synopsis God Save My Shoes

God Save My Shoes est le premier film documentaire qui analyse la relation intime entre les femmes et les chaussures. Il explore l’aspect psychologique, socioculturel et érotique de cette relation passionnelle. Pour comprendre pourquoi la chaussure exerce un tel pouvoir sur les femmes, il s’est donc plongé au cœur même de la psyché et du dressing des femmes.

En ce sens, God Save My Shoes examine la portée culturelle de cet accessoire interrogeant tous ceux qui jouent un rôle majeur dans ce phénomène : collectionneuses, simples amatrices, historiennes, rédactrices de mode, psychologues, stars et fétichistes… Il est également aller à la rencontre de stars comme Fergie, Dita Von Teese ou encore Kelly Rowland, ou de grands créateurs comme Christian Louboutin, Manolo Blahnik, Pierre Hardy, Bruno Frisoni, Walter Steiger et Robert Clergerie. Drôle, sensuel et impertinent, God Save My Shoes apporte une réponse décalée et parfois surprenante à cette problématique féminine universelle.

À chaque Shoes Addict sa stratégie

Les Shoes Addict ont des règles d’or différentes ! Par exemple, l’une explique qu’elle n’essaye jamais une paire de chaussures si elle ne peut pas se l’offrir. C’est de la torture sinon. Pour l’autre, il est important d’avoir tous les styles de chaussures dans sa garde-robe. Elle évoque notamment les chaussures les plus emblématiques dans la vie d’une femme.

L’addiction aux chaussures pourrait s’expliquer par un besoin de changement. Certaines femmes ne se considèrent pas comme des collectionneuses. Elles ont simplement envie de changer tous les jours pour échapper à l’angoisse du quotidien de toujours mettre la même chose. Il arrive que l’achat de chaussures déclenche chez les femmes un sentiment de culpabilité si elles achètent trop de chaussures dont elles n’ont pas besoin (je valide fort ce point). Du coup, elles optent pour des paires plus classiques pour éviter les regrets d’un achat inutile et compulsif.

Le marché américain des chaussures en 2011

Les chaussures exercent sur les femmes une fascination si intense que les américaines en achètent en moyenne 7 à 8 paires par an. Cela les place au premier rang mondial des accros aux chaussures mais elles sont talonnées de près par les françaises. « Quand on aime, on ne compte pas » et la Shoes Addict non plus ! La valeur de leur placard s’élève à environ 7 000 $ soit l’équivalent d’une petite voiture.

En 2011, le marché américain de la chaussure est de 40 milliards de dollars. 60% des acheteurs sont des femmes, les 40% restant concernent les hommes et les enfants. Le budget chaussures est très variable. Pour l’une, il peut être de 300 $ maximum car au-delà cela fait quasiment un mois de loyer. Pour l’autre, il peut osciller entre 700 $ et 900 $ voire monter jusqu’à 2 000 $. Même en période de récession, le marché reste une affaire de passion. L’achat de chaussures donne aux femmes un second souffle dans leur garde-robe étant donné qu’elles sont obligées de tirer un trait sur les vêtements.

Les chaussures, objets d’affirmation sociale

Toutes les petites filles sont bercées par l’histoire de Cendrillon avec laquelle on nous fait rêver dès notre naissance. Une jeune fille pauvre trouve l’amour et épouse un prince et vit heureuse jusqu’à la fin de ses jours. Tout ça grâce à une simple chaussure de verre ! Mais Cendrillon n’est pas la seule à se servir de ses chaussures pour avancer dans la vie. Les chaussures ont toujours été un moyen infaillible d’affirmer son statut social depuis les hautes semelles de la Renaissance, jusqu’aux chaussures hors de prix de nos designers contemporains.

En Italie, les chopines n’étaient pas portées de la même manière que les talons d’aujourd’hui que l’on veut exposer et montrer. Elles faisaient partie de la panoplie des sous-vêtements dont le but était de modifier la silhouette de la femme, mais également de rajouter volontairement une longueur non négligeable de tissus. Uniquement portée par les nobles dans un premier temps, la chopine est un marqueur social : plus la plateforme est haute, plus le rang est élevé. Elles pouvaient faire jusqu’à 54 cm de haut !

Les chaussures, révélatrices de personnalité

Les femmes ont assumé leur passion pour les chaussures à la suite des héroïnes de « Sex and the City » (série des années 90) qui avouaient aimer les chaussures autant que les hommes, le sexe et les cosmopolitains (les piña colada en ce qui me concerne^^) ! Elles ont fait des chaussures un objet de désir, un objet sexuel et une manière de s’affirmer. Elles ont sorti du placard toutes sortes de sujets tabous comme le sexe, le mariage, la maternité, les enfants, leur carrière et… les chaussures.

De surcroît, les chaussures sont le seul accessoire qui joue sur nos émotions. Il doit être aussi le seul qui peut changer notre humeur. Il influence notre identité, la manière dont nous sommes perçues par les autres comme par nous-même. Les autres accessoires ne font pas autant d’effet. « Vos chaussures parlent de vous, elles disent qui vous êtes » selon Fergie. On peut vouloir être élégante sans trop en faire, être confortable pour aller à un déjeuner, ou simplement montrer que l’on est forte… Quand on veut savoir comment une femme se sent, il faut donc regarder ses chaussures : séductrice, executive woman, sportive, il ne faut pas me faire chier aujourd’hui… Bref, les chaussures vont avec l’humeur du jour !

Mais les chaussures sont aussi l’opportunité de devenir quelqu’un d’autre et de jouer un rôle le temps d’un instant. Qu’on le veuille ou non, on nous colle un masque et on finit par s’y identifier. Mais pourquoi ne pas renverser la tendance et jouer un tout autre personnage ? Donner dans le fantasme par exemple ! Ce n’est pas magique, c’est purement psychologique. C’est un jeu identitaire avec soi-même et il y a cette illusion que ce petit objet à lui seul peut transformer une femme.

Les chaussures, objets d’art

Aujourd’hui, les chaussures sont exposées comme des bijoux, des parfums, des sculptures… Elles sont belles, ce sont des œuvres d’art. Quand on achète une paire de chaussures c’est de l’art qu’on achète. On les admire dans nos placards même si on ne les porte pas ! Alors qu’avant ils étaient associés à de simples cordonniers, les séries comme « Sex and the City » ont fortement contribué à lancer certains créateurs grâce aux placements produits. Ils sont maintenant considérés comme des Dieux car ils ont trouvé notre « point C » (C comme chaussures) ! Je trouve le parallèle excellent !

L’objectif des créateurs n’est pas spécialement de proposer des chaussures confortables. Ils explorent des territoires peuplés de fantasmes qui nous font rêver. C’est pourquoi la création de chaussures est un art ! Les créateurs sont d’abord des artistes, ce que les gens ont tendance à oublier. Créer une chaussure est un exercice de design et d’architecture car le corps est posé sur une seule base. Il n’y a pas de distance entre le pied et le cuir. Par exemple, l’escarpin est complexe à designer puisqu’il faut trouver le point d’équilibre du talon.

Les talons, symboles de féminité

Le XXe siècle a vu la chaussure à talon s’implanter fermement dans la culture populaire, devenant un symbole de féminité et d’émancipation de la femme. Avant, il s’agissait plutôt de se cacher et non de se dévoiler, mais après la première guerre mondiale et l’accession au droit du vote des femmes, les ourlets ont rétréci et la chaussure est devenue l’accessoire vedette de la garde-robe féminine.

Les toutes premières femmes à adopter la chaussure à talon étaient les garçonnes. Les femmes libérées des années 20 qui clamaient haut et fort leur indépendance en dévoilant leurs chevilles et en dansant le charleston en talons hauts. Très vite, elles sont imitées par Betty Boops, petit bout de femme coquine et impertinente du grand écran (grande fan je suis) qui rencontre un succès sulfureux avec sa robe moulante, ses porte-jarretelles et ses talons hauts.

Avant, les chaussures à talons étaient massives à cause de leurs semelles compensées et de leurs talons trapus. Mais après la seconde guerre mondiale apparaît un tout nouveau style de talons hauts qui devient le symbole ultime de la féminité. Les pinups avait fait fantasmer les hommes dans leur baraquement pendant la guerre ! Elles portaient des talons très pointus, sans semelles compensées. Et quand les soldats sont rentrés au pays, la mode féminine s’est adaptée à ce qui les avait fait rêver (et tenir le coup j’imagine) et s’est donc rapprochée de l’idéal de la pin-up. C’est à partir de ce moment-là que le talon aiguille fait son entrée dans la mode.

L’arrivée des stilettos

Le talon aiguille est une innovation des années 50. Il s’agissait d’intégrer une pièce métallique au talon. C’est l’arrivée des stilettos (dague pointue en latin) bien qu’aucun chausseur ne puisse revendiquer la paternité de leur invention. Ces chaussures se sont faites remarquées comme l’emblème des femmes en quête de féminité et d’indépendance. Mais quand les hommes sont rentrés de la guerre, les femmes ont dû leur rendre les emplois qu’elles avaient occupés durant leur absence. Il n’était plus question de la femme forte et solide de la seconde guerre mondiale. Les femmes étaient censées tenir la maison, être de bonnes épouses, de bonnes mères et repeupler la nation (oh my God).

Très rapidement la culture s’est mise à érotiser le corps de la femme et à mettre en avant son côté fécond en l’encourageant à porter des talons aiguilles dans à peu près toutes les situations de la vie courante. Cette nouvelle forme de féminité frivole « Jamais sans mes stilettos » a notamment été mise en scène par les grands médias comme Hollywood avec Marylin Monroe ou encore Jayne Mansfield. Et comme cette mode gagne du terrain, c’est l’indépendance des femmes qui est en train de changer à jamais. En 1958, une nouvelle icône de la culture populaire fait du talon le fer de lance de l’attirail de la femme fatale, Barbie !

Dans les années 60 et 70, le stiletto perd en popularité proportionnellement à la montée des mouvements féministes. Mais les talons font leur retour dans les années 90. Ils sont portés très haut, défiants les lois de la gravité à chaque saison. Les femmes aiment se sentir grandes, embrasser leur mari sur la bouche, se sentir sexy…

Les talons et l’allure

En talons, la cambrure fait ressortir les formes de 25% de plus. Le torse est bandé donc les seins sont dehors et cela change l’intégralité de la représentation de soi. Dès qu’on met des talons aiguilles, il y a quelque chose qui fait que l’on se sent femme. Pour Shequida Hall (drag queen), les chaussures c’est comme une tiare que l’on pose sur la tête de la Reine, sauf que c’est à l’autre bout du corps.

En talons on ne peut pas s’empêcher de poser et de ce fait, on attire le regard des autres. On doit marcher plus lentement ce qui nous donne une allure plus sexy. La modification de la posture et de la zone pelvienne va alors déclencher des réactions sexuelles. L’intégralité du corps se met en situation de parade et sécrète des hormones sexuelles. Les humains ont besoin de communiquer sans mots pour se dire des choses sur la question du désir. Les talons sont un élément de séduction, voire de duperie.

Les hommes comme les femmes sont parfaitement conscients du pouvoir des talons. Les stilettos seraient-ils à l’instar du fruit défendu, l’objet de tentations par excellence ? Si Ève avait porté des talons, elle n’aurait certainement pas eu besoin de cette pomme. Les talons hauts sont l’accessoire ultime de la femme et l’ont toujours été. Ils sont un symbole très évocateur de la féminité et ils font perdre la tête à la plupart des hommes.

Les talons et le fétichisme

Le fétichisme est très répandu chez les hommes. Quand on regarde n’importe quel magazine pour hommes, que ce soit Playboy ou autres, les femmes qu’on voit ne sont jamais complètement nues. En général, elles portent des talons hauts. C’est aussi parce que cela nous rapproche du mythe de la call girl dans ce qu’il y a de raffiné.

Il y a des degrés dans le fétichisme (je ne savais pas). Les degrés 1 et 2 sont parfaitement normaux. Le degré 3 pourrait correspondre à un homme qui insisterait pour que sa partenaire garde ses chaussures pendant l’acte sexuel sans quoi, il ne pourrait pas avoir d’érection. Le degré 4 c’est un homme capable de se masturber juste en regardant une paire de chaussures (mais pas des souliers plats). Dita von Teese parle même de strip-tease de la chaussure (j’ai trouvé ça stylé) : la manière dont il faut la faire pivoter et la manipuler pour l’enfiler. Mais comment se fait-il que les talons hauts soient chargés d’une si forte tension sexuelle ?

Les talons et la sexualité

Quand le talon est haut, la cambrure du pied fait que le pied reprend la position qu’il a pendant l’orgasme. La plupart des gens passent leur vie entière sans le savoir, mais l’inconscient lui le sait. Il reconnaît cette position d’orgasme. C’est ce qui doit générer un attrait fort de part et d’autre.

Selon Serge Hefez (psychanalyste), tous les psychanalystes vous diront qu’il y a un équivalent très clair entre le pied et le pénis. Mais qu’il y a un équivalent encore plus clair entre la chaussure qui accueille le pied et un vagin qui le reçoit. Le pied est un organe très sensible, proéminent et un peu détaché du corps et qui peut procurer énormément de plaisir. Cela confère donc au pied une très grande intimité.

Il se trouve que ce lien si étroit entre le pied et la sexualité ne relève pas seulement du fétichisme. Certaines recherches neurologiques poussées l’ont d’ailleurs prouvé. Dans le cortex cérébral, les zones de réception sensorielles reliées au pied et aux parties génitales sont côte à côte. Il arrive souvent que deux parties voisines du cerveau communiquent entre elles et quand un court-circuit se produit, la cambrure du pied s’intensifie ce qui pourrait expliquer pourquoi les pieds et les talons hauts font partie des fétichismes sexuels les plus répandus.

Marcher en talons, ça s’apprend

En général, 12 cm de talon c’est le maximum qu’une femme puisse supporter. Au-delà, il y a une perte d’équilibre et le centre de gravité est complètement basculé en avant. Cela demande un effort beaucoup trop puissant sur le dos pour rester debout. Ainsi, marcher en talons ça s’apprend, et certaines femmes sont même en quête de conseils.

Tout d’abord, il faut se tenir droite et la poitrine en avant pour dégager une impression de confiance et contrebalancer le changement de gravité induit par les talons. Ensuite, il faut faire fonctionner ses abdos, cela active les muscles dorsaux, très utiles pour la stabilité. Enfin, il faut détendre ses hanches et ses genoux. En résumé : pas de chevilles molles, pas de genoux raides, pas de hanches bloquées ! Il est donc très important de préparer son corps à la marche en talons aiguilles.

Les talons, plaisir et supplice

Les talons peuvent vite devenir des instruments de torture. À long terme, ils peuvent causer des problèmes de genoux et de dos. À court terme, ils peuvent provoquer des ampoules et des lacérations. Depuis toutes petites on nous apprend qu’il faut souffrir pour être belles et que celles qui ne tentent rien n’ont rien. On sait que l’on ne pourra tenir que quelques heures avec des talons et qu’on ne pourra pas faire telle ou telle chose mais cela fait partie du jeu, on accepte. Cette capacité à dépasser la douleur est fascinante !

Parfois, certaines ont recours à la chirurgie pour réparer les dégâts (j’étais choquée ahah). Quand on porte des talons, le coussin plantaire s’échauffe vite. Au fil des ans, les femmes qui ont l’habitude de mettre des talons finissent par perdre l’élasticité de ce coussin, mais il est possible de le restaurer sans opérer. On injecte un produit qui remplace ou rajoute du collagène au coussin plantaire afin de pouvoir continuer à mettre des talons.

En conclusion

Même si ce sujet des chaussures peut sembler futile et too much pour certain(e)s, God Save My Shoes est vraiment intéressant d’un point de vue historique. En effet, certaines séquences montrent l’évolution du soulier féminin et ce qu’il a représenté à travers les époques.

À la fois objets d’art, de désir et de souffrance, les chaussures sont des armes de séduction massives. Quant aux talons hauts, ils ne laissent personne indifférent. Ce sont les boss du game ! De manière paradoxale, les chaussures donnent à celles qui les portent un sentiment de puissance tout en les rendant vulnérables. Une chose est sûre, les chaussures permettent aux femmes de s’évader du quotidien, de se faire plaisir et de choisir qui elles veulent être.

 

Que pensez-vous des concepts explorés par le film documentaire God Save My Shoes ? Voyez-vous d’autres aspects qui n’ont pas été abordés ? N’hésitez pas à laisser un commentaire plus bas et à partager cet article s’il vous a plu !

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